l’éducation

 

L’EDUCATION.

             Il est évident que nous devons traiter de l’éducation avec soin et tendresse.

            Pourtant c’est avec une grande fermeté que nous devons mettre en relief qu’une éducation digne de ce nom est beaucoup plus qu’une question de formation de professionnels comme cela est généralement compris de nos jours. C’est même, en vérité, l’aspect le moins important de notre perspective, c’est à dire dans la perspective de l’évolution et de la manifestation des valeurs et des pouvoirs que nous n’appellerons pas supérieurs parce qu’ils sont latents en chaque être humain.

            Il existe, aujourd’hui, sur la planète, dans tous les domaines, d’innombrables techniciens et professionnels passablement compétents pour les fonctions qui sont les leurs. Ce qui manque dans ce monde, par contre, et particulièrement dans les pays considérés comme les plus avancés, ce ne sont pas des techniciens qui seraient encore meilleurs, mais bien une éthique clairement établie, une éthique que nous devrons enraciner profondément dans la conscience humaine pour que puissent en émerger des qualités humaines authentiques et, cette fois, supérieures aux qualités actuelles.

            Nous considérons comme franchement insuffisant, et même primaire, tout système éducatif qui met l’accent sur les débouchés professionnels et qui s’épuise à en permettre l’accès. L’éducation ne peut pas continuer à être comprise en termes de course effrénée pour atteindre un emploi, comme si les êtres humains étaient des animaux de trait qu’on doive atteler à une charrette, quand bien même elle serait dorée, sitôt que possible.

            L’éducation doit commencer à être considérée comme un processus d’émergence des valeurs solides, et des capacités intellectuelles et affectives qui permettent à un individu de devenir un maître, c’est à dire une personne ayant acquis la capacité d’agir correctement face aux circonstances que la vie lui présente.

 

            C’est dans ce but que vous devez vous préoccuper en priorité d’inventer ou de suggérer de nouveaux programmes, de nouveaux recueils, de nouveaux plans d’études, car en créant des dizaines de nouvelles licences, il n’en résulte pas l’apparition d’un homme nouveau, d’une humanité meilleure, d’un monde plus digne, ce qui doit être, réellement, votre première préoccupation.

            Il devient essentiel de réfléchir simplement mais profondément sur le monde que vous voulez et que vous devez créer, et de réfléchir amplement et tout aussi profondément sur les principes du bien général qui peuvent être acceptés universellement, par tous les hommes.

            Si vous ne le faites pas, vous continuerez sur cette voie tracée, celle du hasard où vous avancez sans cesse à tâtons.

 

            La définition claire des principes fondamentaux acceptés par tous les peuples, groupes et individus, à partir de la Règle d’Or (fais aux autres ce que tu veux qu’on te fasse) qui constitue la plus parfaite formulation pratique de l’égalité de tous les hommes, représente la base essentielle sur laquelle devra se construire la nouvelle éducation. Ces principes seront en vérité l’héritage légitime à transmettre à tous les enfants.

            Quant aux autres règles plus concrètes, basées sur des conceptions plus sectaires – nationales, religieuses, de classe, etc, ou même fréquemment basées sur des principes peu raisonnables, voire sur des égoïsmes plus ou moins dissimulés, vous devez éviter de les inculquer artificiellement, ce souci faisant partie de la liberté et du respect que nous devons accorder à tous les êtres humains.

 

            Vous devrez fournir, à tous, toutes les informations possibles concernant tous les domaines les plus divers de l’activité et de la connaissance humaines, et pas seulement sur la sphère restreinte d’une seule profession, presque toujours choisie de façon aléatoire et décrite de manière superficielle.

  Vous n’avez pas le droit d’imposer une éducation qui mène à l’esclavage. Vous avez le devoir d’assurer une éducation de liberté, de liberté intérieure, de liberté d’auto-construction, d’auto-découverte toujours accrue par le sens toujours accru de la responsabilité qui découle du postulat de l’égalité (ou identité) de tous les êtres.

 

            La nouvelle éducation constituera dans une grande mesure le processus par lequel on accorde à chaque individu l’occasion de découvrir par lui-même – et ainsi d’enraciner profondément – les principes de l’éthique qui doit orienter sa conduite sociale. En agissant en accord avec ses propres convictions, avec son libre auto-conditionnement, tout individu tendra à éprouver de la joie à contribuer au bien commun.

           

            L’Ethique de l’Etre, qui commence maintenant, ne peut plus être basée sur la peur et sur la menace du châtiment – qu’il s’agisse des punitions humaines, d’un enfer supposé après la mort ou d’un karma négatif, ni même sur le désir d’une récompense ou d’une compensation égoïste – qu’elle soit matérielle, sociale ou spirituelle.

            Le vécu de la nouvelle Ethique doit résulter d’une impulsion spontanée, authentique, intelligente (mais non calculatrice) et tendre (mais non bigote au sens commun de ce terme).

 

            Parlons enfin et aussi d’une Ethique de la Liberté.

            La simple pression des convenances peut provoquer des refoulements ou des blocages chez une personne dans l’espace d’une vie, mais jamais ce vernis social ne pourra lui permettre de faire mûrir en elle, profondément, les valeurs qui se transmutent en un patrimoine solide pour l’âme, en une richesse grandissante pouvant s’exprimer dans n’importe quelle circonstance des existences présentes et futures.

            C’est la construction de cette BONTÉ perpétuelle, cause et non effet des simples circonstances, que la véritable éducation vise à favoriser.

 

            Maitreya, le 5 février 1996.

 

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