comparaison

            Le premier chapitre du « livre ésotériste pour tous », et donc exotérique maintenant, intitulé « les lois de l’univers » consistera simplement en ce conseil de lecture de la Doctrine Secrète, que l’on peut résumer comme suit: il existe un principe éternel qui se manifeste éternellement en une infinité de parties qui sont toutes identiques à ce même éternel principe, même s’il y en a qui s’en étonnent !

            Il y a peu de religions au monde qui ont conservé ces vieux principes, pourtant, si on regarde dans le dictionnaire Larousse, de 1985, ou de 1999, car les définitions y changent lentement, on peut lire à « hindouisme » la définition qui suit:

            « Hindouisme: religion répandue surtout en Inde et dont la base philosophique est la thèse de l’identité du soi individuel au soi universel, ou absolu », la liste qui suit, des séparatismes et des sectes nombreuses qui le composent maintenant, explique peut-être qu’on ait du mal à retrouver cette définition simple dans la pratique de cette philosophie basée sur le troisième principe de la doctrine secrète à en croire Larousse, car vous l’avez remarqué, les deux premiers principes posant l’existence de cet absolu et sa manifestation cyclique ne sont pas exprimés dans cette définition.

            On peut s’amuser à rechercher l’énoncé de ces principes dans les différentes religions du monde, de même que dans les ouvrages des différentes émanations spiritualistes du moment, et par exemple, dès le début de la préface du livre dans lequel Maharischi commente les versets de la Baghavad Gita, on peut lire ceci:

            « Les Védas constituent le phare de l’éternelle sagesse qui mène l’homme jusqu’au salut et lui inspire la réalisation suprême. L’omniprésence de l’Etre éternel, non manifesté et absolu, Son statut d’être Cela au sein même de la diversité manifestée de la création, et la possibilité pour tout homme de prendre conscience de l’Etre en référence à lui-même, telles sont les grandes vérités de la philosophie éternelle des Védas. Les Védas révèlent l’Unité immuable de la Vie, sous-jacente à la multiplicité évidente de la création, car la réalité est à la fois manifestée et non-manifestée. Seul Cela est. ‘Je suis Cela, tu es Cela et tout ceci est Cela’: ainsi se trouve exprimée la vérité, et là est également le cœur de l’enseignement védique que les rishis proclament comme ‘digne d’être entendu, contemplé et réalisé’…
« La vérité de la sagesse védique est, de par sa nature même, indépendante du temps. Elle ne peut donc jamais se perdre. La vision humaine, quant à elle, peut être tronquée. Pris par l’influence limitative des phénomènes, l’homme peut se trouver exclu de la connaissance et de la phase absolue de la réalité et rester confiné dans les phases changeantes de l’existence. C’est alors que sa vie perd sa stabilité et qu’il commence à souffrir. Quand sa souffrance s’accroît, la force invincible de la nature se met en mouvement pour rectifier sa vision des choses et rétablir un mode de vie qui permette la réalisation du but élevé de l’existence. La longue histoire de l’humanité garde le souvenir de maintes périodes semblables où le modèle idéal de vie oublié par les hommes leur fut restitué. « 

Tout en tenant compte de la facilité de ce discours à évoquer l’être et le non-être sans tenir compte du fait que l’être est lui-même manifesté et non-manifesté, ce qui entraîne une facile confusion entre le non-être et l’être non-manifesté, on pourra malgré tout et facilement remarquer la similitude qui existe entre les principes énoncés ici et ceux de la doctrine secrète

  1. la ‘doctrine secrète(ds)’ dit: il existe un principe éternel et absolu, et Maharischi parle de l’omniprésence de l’Etre éternel, non manifesté et absolu,
    2. la ‘ds’ dit: principe qui se manifeste cycliquement, Maharischi parle de son statut d’être Cela au sein même de la diversité manifestée de la création,
    3. la ‘ds’ énonce l’identité de chaque âme avec la sur-âme universelle, et Maharischi parle de la possibilité pour tout homme de prendre conscience de l’Etre en référence à lui-même.

 

            C’est à chacun de voir si ces similitudes sont suffisantes. On pourra, de la même manière, éprouver la profondeur des enseignements qui sont donnés dans les différentes écoles, en utilisant, pourquoi pas, le raisonnement proposé par Maharischi encore dans la poursuite du même texte racontant l’histoire de l’Inde d’après Vyasadéva. Il y parle tour à tour du Seigneur Krishna qui a apporté une philosophie de l’Etre à travers la Baghavad Gita, puis, pour rétablir cette ancienne sagesse qui s’était perdue, du Seigneur Bouddha qui a apporté un message sur l’action juste, une philosophie de l’action établie à partir d’un degré de liberté obtenu par la méditation et le contact direct avec l’Etre pour purifier la pensée, et encore, quand on se mit à prendre l’effet pour la cause et à croire que c’était l’action juste qui menait au nirvana plutôt que l’inverse, de Shankara qui vint rétablir la vérité sur l’importance de la réalisation du Soi pour obtenir un état de développement intellectuel et émotionnel parfait dans l’état d’illumination. Tel un être accompli, Shankara vivait ces deux attitudes parfaitement, son coeur exprimant la dévotion suprême à Dieu pendant que son esprit exprimait la conscience du soi séparé du domaine de l’action, aussi son discours se développait-il aussi bien en transports de dévotion qu’en expressions claires de la connaissance, par des vérités concises et strictes sur la nature divine considérée comme détachée du monde. L’homme, cependant, finit par croire que les deux voies exprimées par Sankara étaient deux voies distinctes qui menaient à la réalisation, plutôt que croire que c’est la réalisation qui permet d’exprimer conjointement ces deux états…

            Apparurent ainsi des écoles dévotionnelles et des écoles de la pensée qui donnèrent maints conseils d’attitude pour atteindre le but, oubliant que c’est ‘ce but’ lui-même qui est le maître de l’épanouissement, et c’est en référence à cela que l’on pourra juger des enseignements des différentes écoles, y compris des enseignements de l’école précédente bien entendu, selon qu’elles donnent à chaque étudiant la possibilité de s’identifier à l’Etre et à Ses différentes Qualités, ou qu’elles tendent à l’entraîner dans de longs périples de travail ou de recherche d’un soi plus ou moins éloigné de lui voire inaccessible.

            Tout y compris et surtout l’absolu est dans tout, tout est dans l’atome, comme tout est dans l’homme et comme tout est dans un système solaire ou un univers, voilà la première loi qui doit être énoncée et produite par une école spirituelle digne, selon les avancées de cette sagesse qu’on dit éternelle et sage, et c’est ce qu’on retrouve, avec étonnement ou joie selon les êtres, dans la science contemporaine quand elle énonce le fait qu’un atome est un centre dans l’univers qui contient tout, ne doutons pas que l’homme est en passe de vivre de grandes révélations si la science rejoint la religion, et qu’elle la sauve, pourquoi pas…

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